Guide des bonnes pratiques
Le présent Guide des bonnes pratiques constitue un document interne et normatif du Réseau des écoles de chiens d’assistance du Québec (RECAQ). Il s’adresse exclusivement aux écoles membres et encadre, de manière uniforme et rigoureuse, l’ensemble des pratiques professionnelles liées à la sélection, à la formation, à l’évaluation, à la certification et au suivi des chiens d’assistance œuvrant au Québec.
Dans un contexte où il n’existe aucune accréditation gouvernementale régissant officiellement le domaine des chiens d’assistance, le RECAQ établit les standards minimaux nécessaires pour assurer la protection du public, la sécurité des personnes bénéficiaires, la qualité des interventions et le bien-être des chiens d’assistance. Le présent guide définit, en conséquence, les attentes communes qui doivent être respectées par toutes les écoles membres, tout en leur laissant la latitude d’imposer des exigences additionnelles, de préciser leurs méthodes et d’adapter leurs programmes selon leur expertise propre, leurs clientèles et les types de chiens formés. Les lignes directrices présentées ci‑après ont ainsi vocation à harmoniser les pratiques tout en permettant l’innovation et l’excellence au sein des écoles.
Dernière mise à jour : 06 - 02 - 2026
Type de chiens de travail
Au Québec, la Charte des droits et libertés de la personne protège toute personne en situation de handicap, mais protège également le moyen utilisé pour pallier ce handicap. La CDPDJ précise que l’on ne peut exercer de discrimination ni envers la personne handicapée, ni envers l’animal ou l’outil qu’elle utilise pour compenser ses limitations. Refuser l’accès à une personne accompagnée d’un chien guide ou d’un chien d’assistance constitue donc une forme de discrimination interdite, puisque ces animaux sont reconnus par les tribunaux comme des moyens légitimes de pallier un handicap.
Ainsi, lorsqu’une personne se présente avec un chien guide ou un chien d’assistance entraîné par une école spécialisée, tous les lieux publics, commerces, restaurants, logements, transports et espaces de loisirs ont l’obligation de permettre l’accès, sans frais supplémentaires et sans obstacles. Cette protection s’étend également, dans certains cas, à d’autres moyens d’adaptation lorsque ceux-ci s’inscrivent dans la nécessité de pallier un handicap documenté.
Chien d’assistance psychologique / psychiatrique
Un chien d’assistance psychologique ou psychiatrique est entraîné pour accomplir des alertes et des tâches spécifiques visant à soutenir une personne vivant avec un trouble de santé mentale, notamment un trouble d’anxiété généralisée ou un trouble de stress post-traumatique, ou avec un trouble neurodéveloppemental, comme le trouble du spectre de l’autisme.
Il reçoit une formation spécialisée lui permettant de prévenir certains symptômes, de contribuer à en réduire l’intensité ou d’apporter un soutien lors d’épisodes plus marqués.
Lorsqu’il est formé et certifié conformément aux standards applicables, il peut être reconnu dans le même cadre légal que les autres chiens d’assistance et bénéficie, à ce titre, du droit d’accès aux lieux publics, aux services et aux transports.
Chien d’assistance pour alertes médicales
Il s’agit d’un chien d’assistance entraîné pour détecter et prévenir, souvent par l’odorat, des changements physiologiques. Ces interventions peuvent notamment concerner les situations suivantes :
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hypoglycémie, notamment chez les personnes vivant avec le diabète ;
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crises d’épilepsie ;
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troubles neurologiques ;
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crises physiologiques ou déséquilibres corporels.
À ce titre, ils sont reconnus comme chiens d’assistance et bénéficient du droit d’accès aux lieux publics, aux services et aux transports, conformément aux dispositions applicables aux chiens d’assistance.
Chien d’assistance de mobilité
Un chien d’assistance à la motricité aide une personne ayant une incapacité motrice dans ses activités quotidiennes. Il est entraîné pour :
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Ramasser des objets
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Tirer un fauteuil roulant
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Servir d’appui ou de support
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Ouvrir des portes
Au Québec, ce type de chien bénéficie d’un droit d’accès légal garanti aux commerces, restaurants, transport, travail et loisirs.
Chien guide
Le chien guide compense une déficience visuelle (cécité partielle ou complète) en facilitant l’orientation et la mobilité.
Il est reconnu par les tribunaux comme un moyen protégé pour pallier un handicap.
Les personnes accompagnées ont un droit d’accès complet, et refuser son accès constitue une discrimination au sens de la Charte des droits et libertés de la personne.
Chien de soutien émotionnel (non reconnu)
Un chien de soutien émotionnel procure réconfort et présence apaisante à une personne, sans toutefois être entraîné pour accomplir des alertes ou des tâches spécialisées liées à un handicap.
N’étant pas soumis à une formation spécialisée, il ne bénéficie pas de droit d’accès automatique aux lieux publics, contrairement aux chiens d’assistance.
Sa reconnaissance repose généralement sur un besoin thérapeutique documenté par un·e professionnel·le de la santé, notamment dans des contextes tels que l’anxiété, l’isolement ou certaines douleurs chroniques.
Les accommodements pouvant être accordés (par exemple dans un logement ou certains milieux cliniques) demeurent à la discrétion des milieux concernés et ne sont pas garantis.
À ce titre, un chien d'assistance en entraînement qui n’a pas encore obtenu son attestation de formation à la suite d’une évaluation réalisée par une école peut être considéré comme un chien de soutien émotionnel jusqu’à ce qu’il complète avec succès l’ensemble des évaluations requises menant à sa certification à titre de chien d’assistance.
Chien de zoothérapie (non reconnu)
Un chien de zoothérapie fait partie d’une intervention assistée par l’animal, menée par un intervenant.e formé.e. Contrairement aux chiens d’assistance :
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Il n’est pas destiné à accompagner constamment une personne.
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Il n’a aucun droit d’accès public spécial.
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Il intervient dans un cadre thérapeutique structuré (objectifs éducatifs, sociaux, physiques ou émotionnels).
Évaluations et exigences de formation
Chaque école demeure libre de déterminer :
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ses critères d’admission,
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ses seuils internes de performance,
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ses standards spécifiques par type de chien.
Toutefois, les écoles membres sont tenues de respecter les standards minimaux définis dans le présent guide.
Évaluation comportementale
L’évaluation comportementale peut être réalisée à partir de l’âge de huit (8) mois. Pourquoi Elle vise à déterminer le potentiel du chien dans le cadre d’un programme de formation de chien d’assistance.
Certains comportements peuvent être travaillés dans le cadre de la formation, sous réserve d’un délai raisonnable d’amélioration. D’autres comportements entraînent un retrait immédiat du programme. Ces critères s’appliquent à l’ensemble du parcours de formation et non uniquement lors de cette évaluation, laquelle sert principalement à identifier les chiens présentant les caractéristiques non recherchées :
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Niveau de prédation élevé
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Vocalisations persistantes
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Manque de motivation important et persistant en entraînement
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Stress ou peur généralisés dans les situations du quotidien, par exemple :
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Faible résilience aux stimuli environnants / temps de récupération excessif
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Peur marquée envers des personnes inconnues, par exemple :
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Refuse le contact (figer, fuir)
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Jappements en direction de personnes
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Charger en direction de personnes
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Réactions intenses ou peur importante en présence d’autres chiens, par exemple :
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Tire excessivement en direction du chien
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Jappements en direction de chiens
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Protection de ressources (nourriture, objets ou personnes)
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Anxiété de séparation marquée, par exemple :
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Lorsque retiré, le chien tire excessivement en direction de la personne, démontrant un état de détresse
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Vocalisation persistante lors de la séparation de la personne
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Comportement agressifs, par exemple :
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Fixation intense
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Positions offensives et défensives
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Montrer les dents
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Grogner
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Morsure ou tentative de morsure
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Déclaré dangereux par la ville ou ayant des antécédents de morsure
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*** Lorsque le chien est admis au programme, un suivi en présentiel est requis minimalement tous les trois (3) mois jusqu’à la certification.
Évaluation d’accès public
Cette évaluation peut être réalisée à partir de douze (12) mois. Sa réussite permet l’obtention de l’attestation de formation, de la carte d’identification et de l’uniforme de l’école, permettant au chien d’accompagner la personne bénéficiaire dans les lieux publics, les services, les transports et autres environnements accessibles au public.
Le chien doit démontrer un niveau suffisant de confiance, de stabilité et d’obéissance afin que le duo puisse évoluer de manière autonome dans les environnements publics. Des comportements d’obéissance avancée sont donc requis. L’Accès public permet de généraliser les apprentissages effectués au préalable.
Les écoles membres doivent établir des critères minimaux permettant de vérifier la stabilité comportementale, le contrôle du chien et la capacité du duo à évoluer de manière sécuritaire dans des contextes variés. Voici ceux définis par le RECAQ :
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Les besoins du chien sont effectués à l’extérieur uniquement (pas de malpropreté)
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Ne dérange pas le public (ex. : jappements).
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Reste calme dans des environnements nouveaux ou imprévisibles / présente une capacité d’adaptation (ex. : Transports publics, lieux publics, etc.)
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Capacité à résister aux distractions alimentaires, humaines, animales et environnementales.
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Marche au pied sans tirer, à moins de 60 cm de la personne, avec changements de vitesse et directions contrôlés.
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Maintient un contrôle en présence d’un congénère.
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Maintient un contrôle en présence d’une personne connue ou inconnue.
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Le bénéficiaire encadre correctement son chien pour assurer des comportements stables.
Certification
La certification constitue l’évaluation finale du programme et peut être réalisée à partir de dix-huit (18) mois.
Elle vise à confirmer la complémentarité du programme et l’autonomie du chien dans l’exécution de ses tâches. À ce stade, l’animal doit démontrer :
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une obéissance fiable et stable
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l’acquisition autonome des tâches et alertes spécifiques à la personne bénéficiaire
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un comportement sécuritaire et approprié dans les environnements publics et privés
Les écoles membres définissent des critères minimaux permettant de valider l’ensemble de ces éléments :
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Ne dérange pas le public (ex. : jappements).
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Reste calme dans des environnements nouveaux ou imprévisibles / présente une capacité d’adaptation en contextes publics variés.
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Déplacements et placements adaptés en transports publics.
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Capacité à résister aux distractions alimentaires, humaines, animales et environnementales.
-
Marche au pied sans tirer, avec changements de vitesse contrôlés.
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Le bénéficiaire encadre correctement son chien pour assurer des comportements stables.
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Pour chaque alerte et tâche évaluée :
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Répond adéquatement à l'alerte ou la tâche demandée dans un environnement stimulant et/ou malgré les distractions.
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Un minimum de trois (3) alertes et tâches que le chien effectue seulement sur la personne.
*** Le chien devra être stérilisé avant la certification.
Suivi post-certification
Une fois certifié, le chien doit faire l’objet d’un suivi par l’école membre au minimum une (1) fois par année, et ce, jusqu’à sa retraite, qui se situe généralement vers huit (8) et dix (10) ans selon l’individu.
Ce suivi vise à s’assurer que les comportements du chien demeurent sécuritaires, adaptés et conformes aux exigences d’un chien d’assistance dans les environnements publics et privés.
Un formulaire vétérinaire type à l’école membre doit également être rempli annuellement avant cette évaluation.
Alertes et tâches
Dans le travail d’un chien d’assistance, il est important de distinguer l’alerte et la tâche. Dans les deux cas, l’action du chien doit être consciente et apprise : le chien reconnaît un signal et effectue volontairement un comportement afin d’aider la personne.
Les alertes et les tâches sont enseignées et adaptées en fonction des besoins spécifiques de la personne accompagnée. Chaque chien d’assistance est formé individuellement pour répondre à une réalité précise.
L’alerte est une intervention courte qui sert à prévenir l’apparition ou la présence d’un symptôme. Le chien remarque un changement chez la personne (changement physiologique, respiratoire, comportemental, etc.) et attire son attention avec un geste appris afin de lui faire prendre conscience de ce changement. L’objectif est de signaler rapidement la situation afin que la personne puisse se réguler ou prendre les mesures nécessaires pour favoriser son mieux-être.
Exemples d’alertes :
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Lorsque la personne arrache son sourcil, le chien retire doucement la main avec son museau.
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Lorsque la personne arrache ses ongles, le chien sépare les mains avec son museau.
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Lorsque la personne dissocie, le chien se met debout sur ses pattes arrière et s’appuie sur elle afin de la ramener à la réalité.
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Lorsque la personne respire fortement, le chien donne un coup de museau sur la cuisse.
La tâche, quant à elle, est une action d’assistance plus élaborée, souvent réalisée sur demande ou après une alerte. Elle dure généralement plus longtemps et vise à soutenir la personne dans un moment précis.
Exemples de tâches :
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Le chien effectue de la pressothérapie profonde en s’appuyant sur les cuisses de la personne.
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Le chien guide la personne vers l’extérieur d’un milieu public.
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Le chien peut créer un espace autour de la personne en public afin de réduire les intrusions.
Ensemble, les alertes et les tâches contribuent à augmenter la sécurité, l’autonomie et la qualité de vie de la personne dans son quotidien.
Formation continue des professionnel·le·s
Les professionnel·le·s affilié·e·s à une école membre doivent maintenir leurs compétences par la formation continue afin d’assurer la qualité et l’actualisation des services offerts.
Sur une période de vingt-quatre (24) mois consécutifs, les exigences minimales sont les suivantes :
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dix (10) heures de formation continue dans le domaine de la relation d’aide
(ex. : travail social, psychoéducation, éducation spécialisée, psychologie ou domaines connexes);
ou
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vingt (20) crédits de formation dans le domaine canin;
ou
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cinq (5) heures de formation dans le domaine de la relation d’aide et dix (10) crédits de formation dans le domaine canin.
Lorsqu’une personne anime une formation destinée aux professionnel·le·s du domaine canin, 1,5 unité par heure de formation donnée peut être reconnue, jusqu’à un maximum de dix (10) unités.
Les professionnel·le·s doivent conserver les preuves de formation (attestations, certificats, relevés ou documents équivalents) dans leur dossier individuel afin de permettre toute vérification par la personne ressource désignée au sein de l’école.
Mécanique d’entraînement
Outils utilisés
Les écoles membres s’engagent à respecter le bien-être du chien dans toutes les étapes de sa formation.
À ce titre, l’utilisation d’outils pouvant porter atteinte à l’intégrité physique ou au bien-être du chien n’est pas autorisée. La liste suivante, non exhaustive, présente des outils dont l’utilisation est refusée :
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le collier étrangleur ;
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le collier à pointes (ou collier à piques) ;
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le collier électronique (incluant les modes vibration ou décharge) ;
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le collier à citronnelle ;
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le licou.
Méthodes
Le RECAQ préconise l’utilisation de méthodes d’entraînement fondées sur la science du comportement animal, respectant pleinement le bien-être physique et psychologique des chiens. L’objectif est de prévenir toute détresse, peur ou douleur, et d’assurer un apprentissage sécuritaire et positif tout au long de leur formation.
Voici quelques exemples de méthodes à éviter, car elles peuvent compromettre le bien-être du chien et nuire à la qualité de son apprentissage :
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Éviter de frapper la laisse ou de l’utiliser de manière brusque ou punitive.
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Ne pas recourir à des outils punitifs ou coercitifs.
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S’abstenir de crier après le chien ou d’employer des méthodes violentes, qu’elles soient physiques ou psychologiques.
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Garantir l’accès aux besoins fondamentaux du chien, notamment nourriture, eau, repos et un environnement sécuritaire.
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Assurer une activité physique suffisante et adaptée pour permettre au chien de dépenser son énergie et maintenir son bien-être.
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Ne pas forcer le chien à poursuivre un exercice en présence de signes évidents de stress, de peur ou de fatigue.
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Ne jamais faire travailler un chien malade ou blessé.
Santé, aptitude et encadrement vétérinaire
Les écoles membres sont tenues d’exiger un formulaire vétérinaire attestant de l’aptitude physique et comportementale du chien au début du parcours, puis au minimum une fois par année, et ce jusqu’au retrait de l’animal du programme.
Un chien sous un traitement médical visant à contrôler l’anxiété ou une douleur chronique ne devrait pas travailler comme chien d’assistance, sauf évaluation approfondie, documentée et justifiée par l’école et une clinique vétérinaire. Une telle médication augmente le risque d’instabilité et d’imprévisibilité comportementale, pouvant compromettre la sécurité de la personne bénéficiaire, du public et le bien‑être du chien.
Il est convenu que les vaccins obligatoires à jour, jusuq’à la retraite ou le déclassement d’un chien d’assistance sont les suivants :
Éléments devant se retrouver dans le formulaire vétérinaire :
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Identification de l’animal (nom, date de naissance, race)
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Évaluation de la condition corporelle / indice de condition corporelle (ICC)
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Statut vaccinal à jour (obligatoire : vaccination antirabique)
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Examen ophtalmologique
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Examen cardiovasculaire
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Évaluation de la fonction auditive
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Évaluation du système musculosquelettique et des articulations
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Comportement de l’animal lors de l’examen vétérinaire (signes d’anxiété, de réactivité ou de stress)
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Présence de comportements stéréotypés
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Évaluation de l’anxiété de séparation
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Évaluation neurologique / présence de dysfonction neurologique
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Évaluation du système gastro-intestinal
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Allergies ou intolérances alimentaires connues
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Traitements médicamenteux ou injectables en cours
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Antécédents chirurgicaux
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Statut de stérilisation (requis pour l’obtention de la certification)
Protection des renseignements personnels (Loi 25)
Les écoles membres sont tenues de respecter strictement la Loi 25. À ce titre :
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Tous les dossiers doivent être conservés sous clé, dans un espace sécurisé.
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L’accès doit être limité aux personnes autorisées.
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Un dossier ne doit jamais contenir plus de deux éléments identifiants sans protection renforcée.
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L’usage de codes anonymisés est fortement recommandé.
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Les documents doivent être détruits de manière sécurisée après la période de conservation.
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Aucun renseignement personnel ne doit être divulgué sans consentement écrit.
